TF1 ne dissimule pas ses objectifs : capter le cerveau disponible de ses téléspectateurs pour leur
fourguer, dans des espaces publicitaires encadrés d'émissions conçues pour les appâter, du conditionnement commercial coûteux les guidant dans leurs actes d'achats.

En vertu de ce principe, Mon incroyable fiancé
2 a loué une villa à Marbella. Vu la crise immobilière qui y règne, le loyer a dû être plus que modique. Dans ces lieux aux proportions honorables, à la décoration pouvant aussi bien
satisfaire un nouveau riche russe qu'un petit touriste saoudien habitué à la sobriété du style « nouvelle renaissance koweitienne », s'affaire une équipe de télévision autour de
deux garçons.
L'un deux, Christopher, est le seul bénévole de la
bande. Il peut repartir sans un sou de plus.
Son partenaire, Emeric, est un acteur. Si le mariage des deux
garçons est effectivement célébré, Christopher aura gagné 100 000 €. La somme est assez ridicule pour la chaîne mais quand on entend Christopher en faire « dix ans de salaire »,
on comprend que ce superbe barman fait partie des travailleurs pauvres avec un revenu mensuel d'environ 830 €…

Ce garçon est un vrai rayon de soleil. Un physique
d'athlète avec un charme ravageur et une mentalité vive, ouverte et généreuse que l'émission semble construite pour en mettre en valeur.
Il a envie de gagner ce fric pour aider ses parents,
point barre. Il faut faire croire qu'il est homo : et alors ? C'est pô vrai, tout le monde le sait bien, et on sent bien qu'il en a pour des années à se marrer en racontant à tout le
monde : « Vous vous souvenez quand j'ai dû faire croire que je préférais les mecs !!!!!!!! »
Christopher a du vocabulaire et manie instinctivement
la litote : « Emeric et moi, on est un peu plus que des potes ». Les excès de son partenaire le déstabilisent, mais c'est en pensant à la douleur que va représenter pour
ses amis, puis sa famille, leur souffrance à l'idée qu'il est gay, qu'il éclate vraiment en sanglots.
TF1 vise un public peu attentif : chaque fois que
Christopher parle, on souligne qu'il « ignore qu'Emeric est un acteur ».

TF1 vise un public qu'elle respecte au point de vouloir
parfaire son éducation en matière d'homosexualité : la chaîne a rameuté deux de ses anciens employés d'une émission Queer. Ces conseillers en gaytitude parlent en experts : ils
sont caricaturaux, hautains et se donnent des airs supérieurs. Ce sont des gays assumés. La classe. Ils savent enlever les nus féminins des murs de la villa et révèlent qu'en chaque homme
il y a une part de féminité. Ils savent que le coming out « c'est vachement important » et quand ils parlent du suicide des jeunes n'assumant pas leur orientation sexuelle ou des
homos martyrisés dans beaucoup de pays, on se demande quelle part du public va faire le tri dans ces affirmations à la louche. Ils savent choisir de belles fringues et sont trop cools dans
leur belle limousine ROSE.

Écartons notre dose de follitude et posons-nous une
seule question : ce programme est-il bénéfique ou nocif ? Un jeune qui regarde Mon incroyable fiancé 2 en compagnie de parents ou d'amis à qui il n'a pas encore confié sa
différence peut-il tirer profit de cette blague, pour reprendre le terme utilisé à deux reprises par la présentatrice ?
Pour l'instant, grâce à Christopher et, restons lucide, au
traitement bienveillant de son rôle par les scénaristes, la réponse semble positive : on peut apprendre des choses intelligentes sur l'homosexualité.
Attendons la suite…
N'hésitez pas, comme cette internaute, à donner votre avis dans
les commentaires sur ce billet, sur le groupe Facebook du blog ou par email à lestoilesroses@hotmail.fr :
Mon incroyable
fiancé 2, des débuts mitigés.
En début de semaine, furent diffusés sur TF1, le
premier et second épisodes de Mon incroyable fiancé 2, dont le principe de base reste le même que pour la première édition. Une personne à la recherche de l’âme sœur, un homme
cette fois-ci et pensant la trouver au cours de l’émission parmi de multiples prétendantes. Coup de théâtre, ce n’est pas une, mais un prétendant qui est présenté à Christopher, le candidat
sélectionné, nommé Emeric.
Comme Laurent Ournac, précédemment, Emeric est un
acteur, dont le but est de faire un enfer de la vie de Christopher. Au programme, attitude excessive, ridicule et crises d’hystérie. Christopher quant à lui ignorant qu’Emeric est un
acteur, doit, avec l’aide de celui-ci, convaincre leur famille, qu’ils sont amoureux et en couple. Ainsi que les amener à accepter leur mariage. À la clé : 100 000
euros.
Nos deux compères sont coachés par deux ex de
l’émission Queer, diffusée sur TF1, Benjamin et un de ses acolytes.
Pourquoi des débuts mitigés ? Tout d’abord, car
trop de stéréotypes du « gay » vus par la société y sont selon moi véhiculés. Benjamin, lui-même, dont on se demande parfois où il a égaré son cerveau, est à lui seul la
caricature du « gay » dans le vent. Car comme nous le savons tous, ou devrions le savoir, tout bon gay se doit d’être une fashion victim à la pointe de la mode, fan d’art
et se balader en limousine rose. Le gay aime faire la fête et danser.
Il me paraît évident que TF1 n’aurait pas dû chercher à
mettre la population homosexuelle dans un case prédéfinie, mais plutôt montrer un groupe d’individus différents, ayant la même orientation sexuelle. Je ne peux nier l’existence d’une
culture gay, mais la caricaturer de la sorte me parait bien décevant.

De plus, les événements s’enchaînent selon moi,
beaucoup trop vite. À peine sont-ils arrivés, que déjà ils se retrouvent dans une mini gay pride, puis à inviter les amis d’Emeric.
Cependant, la sensibilité et la tolérance de
Christopher a été une grande et formidable surprise. Notamment lors de la scène, où il doit s’imaginer faire son coming out à sa famille. Ce faisant il réalise la complexité et la force
mentale nécessaires, pour pouvoir annoncer à sa famille, que l’on n’est pas la personne qu’elle croyait que l’on était. Cette scène est particulièrement émouvante car Christopher se
retrouve submergé par l’émotion et pleure. On découvre un homme doté d’une grande sensibilité.
Autre fait marquant, durant l’émission, Christopher,
pourtant doté d’un physique iconique de « macho », reprend plusieurs fois et même s’énerve contre Emeric dont l’attitude est plus que caricaturale, comme lorsqu’il dit qu’il s’est
entraîné car ils, les homosexuels, « ont une façon particulière de marcher », ou alors quand Emeric choisit une tenue excentrique pensant faire gay. En le remettant en place,
Christopher fait preuve d’une justesse et d’une grande tolérance envers la communauté homosexuelle et redonne de la saveur à cette émission.
Malgré une intrigue trop rapide, des stéréotypes bien
présents, l’émission parvient tout de même à tirer la sonnette d’alarme en mettant en évidence la difficulté de certains à faire leur coming out et à être acceptés autant par notre société
bien pensante que par leurs amis et leur famille.
Je conclurai donc en disant, que malgré des débuts
mitigés, Mon incroyable fiancé 2 est une émission qui vaut la peine d’être regardée, car elle a le mérite de traiter d’un sujet original et de prodiguer un peu de tolérance dans
notre paysage cathodique.
Lucie Ashley J., 26 ans.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site de l'émission : http://www.tf1.fr/mon-incroyable-fiance-2/
Ce soir, troisième partie sur TF1 à
22h20.
Réagissez dès maintenant et demain en commentaires sur ce billet
!
En cas de décès, le pacs ne permet pas la reconnaissance de ton couple»
Par Stéphane Corbin mardi 04 août 2009, à 10h55 | 3116 vues
Preuve d'une inégalité supplémentaire entre couples mariés et pacsés, le capital décès est refusé aux partenaires pacsés survivants de certains fonctionnaires. Johnn l'a découvert
à la mort de Tom. Il témoigne.

«Ce qui m'a choqué en premier c'est que l'acte de décès de Tom portait la mention "célibataire" alors que nous étions pacsés» se souvient Johnn. (Photo
Stéphane Corbin)
Un mois après avoir annoncé la volonté du gouvernement d'améliorer le pacs, Éric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, a
rencontré séparément l'Inter-LGBT et Gay Lib, le 27 juillet dernier. Au menu des discussions, la mise en application du versement du capital décès au conjoint survivant, pacsé à un
fonctionnaire déjà décédé.
Aucun décret d'harmonisation lors de la création du pacs
Pour mémoire, le pacs créé par la loi du 15 novembre 1999 ouvre le bénéfice du capital décès au partenaire pacsé survivant. Toutefois, aucun décret n'a harmonisé le Code de la sécurité
sociale. Résultat, une inégalité criante entre les salariés pacsés du régime général et les fonctionnaires territoriaux dont le statut permet le versement du capital décès, et les
fonctionnaires d'Etat ou hospitaliers dont le statut ne le permettait pas jusqu'à maintenant.
Une situation que connaît trop bien Johnn, un Angevin de 38 ans. Il y a plusieurs années,
il rencontre Tom, d'origine anglaise, prof comme lui. Ils se pacsent en juin 2005. Leur vie commune prend un cours dramatique, au matin du 17 juillet 2008, quand Johnn trouve le corps
sans vie de Tom.
«Au delà de l'autopsie qui a duré trois mois, pour me dire au final ce que je savais déjà, à savoir qu'il ne s'agissait ni d'un homicide, ni d'un suicide, ce qui m'a choqué en premier
c'est que l'acte de décès de Tom portait la mention «célibataire» alors que nous étions pacsés.»
«Je reste très prudent»
«La seconde difficulté psychologique a été l'obligation d'aller moi-même dissoudre le pacs au greffe du tribunal pour obtenir les documents demandés par les assurances. Je le savais, mais
en cas de décès de ton compagnon, c'est psychologiquement très violent qu'on exige administrativement de le faire toi-même. Il faudrait que cela soit automatique.»
«Quand j'ai pu refaire surface, c'est l'assistante sociale du lycée qui m'a parlé du capital décès. Je pensais pouvoir en bénéficier du fait que Tom était fonctionnaire d'État. Mais le
rectorat m'a écrit qu'il «[avait] l'honneur» (sic) de m'informer que je n'y avais pas droit. Ensuite, j'ai contacté l'Inter-LGBT puis Quazar, localement. Je reste très prudent quant à
l'annonce gouvernementale et j'attends la signature du décret pour me réjouir pour moi, ou pour les autres, d'une égalité enfin réelle.»
Décret à la rentrée
«En cas de décès, le pacs ne permet pas la reconnaissance de ton couple. Tu batailles pour la reconnaissance de droits desquels tu es exclu, alors que pour un couple marié c'est
automatique. Selon les cas, avec le pacs tu obtiens la reconnaissance humaine et sociale, mais pas administrative, sauf avec les impôts.»
Eric Woerth a indiqué aux associations la publication d'un décret fin août, début septembre, qui permettrait à Johnn, et à d'autres, de demander le versement du capital décès alors que
leur partenaire est décédé deux ans avant sa parution. L'Inter-LGBT souhaite que l'effet remonte à la création du pacs.
Prochain sujet de mise à égalité du mariage et du pacs; la pension
de réversion, impossible pour les pacsés, au rendez-vous de la réforme des retraites prévue pour 2010.
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